Tentative d’épuisement d’un lieu : dedans

J’observe une bibliothèque peu animée. À ma droite se trouve un canapé rouge où trois personnes peuvent s’asseoir. Sur une des ces trois places, un homme dans la vingtaine se trouve sur son téléphone avec un bouquin posé sur ses genoux croisés. En face de ce canapé rouge, se trouve le même canapé avec le même nombre de places. Une fenêtre éclaire le dos du jeune homme. Devant moi, une grande armoire se dresse avec une centaine de bandes dessinées à caractère japonais. Contre le dos de cette armoire, la même armoire avec cette fois des livres différents que je ne peux vous citer. Un peu plus loin, six tables qui donnent sur la fenêtre sont collées les unes aux autres avec des ordinateurs de travail posés dessus. Derrière ces tables avec les ordinateurs se trouve une table ronde avec des chaises autour. Plusieurs affiches sont accrochées au plafond. L’une d’elle est un panneau de sortie de secours en vert et blanc. À peine plus loin que le panneau de sortie de secours se trouve le bureau des bibliothécaires. Des affiches sont scotchées à la paroi en verre qui entoure le bureau. Un petit arbuste se tient au centre de la bibliothèque. Des planches grillagées avec plusieurs attaches pour des livres sont dispersées dans la salle. Il y a un pilier en béton juste à côté d’autres tables avec d’autres ordinateurs de travail. Ces tables sont postées après l’arbuste qui est seul au milieu de la bibliothèque.

D’après Georges Perec, Tentative d’épuisement d’un lieu

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